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Après des recherches sur les Acadiens (des colons d’origine française déportés d’Amérique du Nord et réfugiés en France au XVIIIe siècle), j’ai passé cinq années (2006-2011) comme chargé de recherches à l’Université de Birmingham où j’ai travaillé sur l’histoire des organisations Non-Gouvernementales (ONG). Je suis co-auteur de deux livres sur le sujet à paraître en 2012 chez Palgrave et Oxford University Press.

J’ai commencé en juin 2011 à travailler à un nouveau livre sur l’histoire environnementale de Saint-Domingue / Haïti de Christophe Colomb à nos jours. Pour ce projet, financé par l’Union Européenne (Marie Curie International Outgoing Fellowship), je suis rattaché pour deux ans à l’Université de Georgetown (Washington) puis je serai à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris à partir de juin 2013. Je me spécialise en histoire de l’environnement, une branche de l’histoire qui s’intéresse à la manière dont les hommes ont modifié leur environnement au cours des siècles, à la manière dont les facteurs environnementaux ont influencé l’histoire humaine, et à la manière dont l’humanité a pensé son rapport à l’environnement et de la nature au cours de l’histoire.

Concernant Haïti, il ne s’agira ainsi pas d’écrire une histoire de l’évolution de la flore ou de la faune de l’île, mais de voir de quelle manière l’environnement à Haïti a joué un rôle historique. Par exemple, pendant la révolution haïtienne, les moustiques et la fièvre jaune ont été déterminants en annihilant les forces envoyées par Napoléon. Les esclaves révoltés étant quant à eux le plus souvent immunisés contre cette maladie, ils purent jeter à la mer le corps expéditionnaire française et proclamer l’indépendance d’Haïti en 1804 — voir à ce sujet le livre de John McNeill, ‘Mosquito Empires‘. Par ailleurs, Haïti est souvent utilisé comme contre-exemple en matière de dégradation de l’environnement (par exemple Al Gore dans son documentaire ‘Une vérité qui dérange‘ ou encore par Jared Diamond dans ‘Effondrement‘ ou même Yann Arthus Bertrand dans son film ‘Home‘). D’autres encore lient la dégradation environnementale et la pauvreté et la violence extrême dans l’île. Or il n’existe pratiquement pas de recherche historique montrant comment on en est arrivé là, ni à quelle époque la situation s’est autant dégradée. Il s’agira donc de montrer les rapports entre les hommes et l’environnement à Haïti, sur le modèle d’un autre ouvrage de John McNeill (Du Nouveau Sous le Soleil, Une Histoire de l’Environnement Mondial au Vingtième Siècle). Dans la préface du livre, McNeill remarque que son livre s’intéresse aux hommes et à l’environnement: “Il ne se préoccupe pas des changements de l’environnement indépendamment de l’activité humaine, ni de ceux qui, quelles que soient leurs origines, ont peu de chances d’affecter l’humanité (…) Mon livre laisse de côté de nombreux changements écologiques pour la simple raison qu’ils ont peu de rapports avec l’histoire de l’humanité”.

Parallèlement à mes recherches récentes, la menace climatique et le problème de l’épuisement des ressources m’ont incité à écrire plusieurs textes où je montre en quoi l’histoire peut nous aider à mieux comprendre des problèmes qui semblent très contemporains. Les éditions Champ Vallon ont ainsi publié dans leur collection ‘L’environnement a une histoire’ mon livre Des Esclaves Energétiques. Réflexions sur le changement climatique (voir site dédié ou encore ma tribune dans Le MondeEt nos enfants nous appeleront ‘barbares’, 28 Novembre 2011) dans lequel je montre comment l’utilisation  des énergies fossiles et la révolution industrielle ont contribué à l’abolition de l’esclavage. Dans ce livre, je dresse également un parallèle entre notre utilisation, aujourd’hui, de machines et l’utilisation d’esclaves bien vivants à l’époque moderne et au XIXe siècle. Je m’intéresse aussi aux « leçons » qu’on peut tirer de l’histoire de l’abolition de l’esclavage, leçons qui peuvent s’avérer utiles aujourd’hui (voir l’article paru dans Le Monde à l’occasion du Sommet de Cancun). Ma comparaison est provocatrice, mais je serai heureux si elle peut stimuler des débats et faire avancer la prise de conscience de l’importance des enjeux énergétiques et climatiques. Avant d’être un livre, ce texte a été publié en anglais dans l’une des principales revues consacrées au changement climatique, Climatic Change, sous le titre ‘Past connections and present similarities in slave-ownership and fossil fuel usage’.

Pour me contacter, voir ma page sur le site de l’Université de Georgetown: Jean-François Mouhot;

La liste complète de mes publications et activités de recherche (10 pages), est disponible sur mon site.

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